Dominique Baudon Plasticienne

 

Service facile et accessible à tous

Créer un site web gratuitement

Dominique Baudon ne nous fait pas rêver. Lorsqu’elle détrousse une image, elle nous retourne un peu les sangs. Lorsque je suis entré dans sa maison pour la première fois, elle a déployé ses petites têtes sur son tapis tout net. Des images rabougries, ratatinées sur elles-mêmes comme si elles venaient d’être au monde. Elles ne sont pas sympas ces petites là, plutôt malpolies, mal torchées. Mais, face au bébé qui pleure, au chevet du vieux perdu et égaré, il faut écouter et patienter.
Alors elles s’apaisent et nous racontent leur vraie vie.
Après un temps elles nous habitent de l’intérieur. Toutes ses images avaient donc une vie Dominique Baudon est une passeuse vers les autres faces du temps. Un peu ensorceleuse ou alchimiste, comme on voudra, qui transforme des images glacées de magazine en boules   de vie ou de douleur, des concentrés à l’état sauvage.
Elle fait vibrer des symboliques familières et inquiétantes.
Les têtes carnavalesques d’Ensor, ou les portraits épurés de Giacometti. Son monde nous renvoie à l’univers des masques, au travail des réducteurs de tête. Que sais-je ? Elle nous amène un peu de l’irreprésentable, dans un monde d’images, L’arrière monde, la vraie vie des images. Celle éculée de la vierge
sainte, ou la litanie écoeurante des tops models. Dominique Baudon nous prend la tête, nous touche au corps, insuffle la vie aux rêves.

 

Christian Maroy, sociologue et professeur sociologie UCL- Montréal, le 22 novembre 2004